Bhopal’s Second Disaster
La deuxième catastrophe de Bhopal
Les dirigeants d’Union Carbide aux États-Unis étaient au courant du danger de pollution que leur usine de Bhopal pouvait infliger aux eaux souterraines de la ville. Selon le chef de l'une des organisations de survivants, Rashida Bi, «Dès 1972, ils avaient discuté de diverses propositions pour que cela n'arrive pas - mais ils les ont néanmoins toutes ignorées. Au lieu de cela, et connaissant les dangers que cella supposait, ils autorisèrent le déversement de milliers de tonnes de déchets chimiques solides et liquides dans, et en dehors de l'usine. Ils savaient que cela serait le poison de notre eau et de notre vie quotidienne et ils l'ont fait quand même ».
L'empoisonnement en provenance de l’usine n’est pas un fait nouveau. Les premiers signes sont apparus dans le début des années 1980, et bien avant la fuite de gaz, lorsque les animaux qui se trouvaient à proximité du site tombèrent malades et moururent. Les plaintes de leurs propriétaires furent alors réglées à l'amiable, et l’entreprise consentit à leurs verser un dédommagement financier toute en niant que l'usine était responsable de la pollution de l'eau.
En 1989, et face à la critique croissante des leaders de la communauté locale, des militants et des médias de Bhopal ; Union Carbide décida de mener en secret sa propre enquête pour essayer de déterminer son degré réelle de responsabilité dans les maladies qui frappaient alors les habitants les plus pauvres qui vivent aux abords de l´ancienne usine. La société a ainsi constaté que le sol et l'eau du site était massivement contaminés (voire ci-dessous), mais se garda bien de divulguer cette information capital pour la santé de nombreuses personnes.

Un document secret de Carbide qui n'a jamais été diffusée publiquement
(«découvert» au États-Unis lors d’une action en justice relative à l'empoisonnement).
Les échantillons prélevés à proximité du mur de l'usine ont révélé un taux de 100% de toxicité chez les poissons. Carbide a néanmoins choisi de garder ces conclusions secrètes alors que, de l'autre côté du mur, s'étend actuellement la communauté de Atal Ayub Nagar. Union Carbide n'a de ce fait jamais mis en garde la population locales sur le fait que leur approvisionnement en eau potable pourrait être infecté. Ce qui constitue donc un "mensonge par omission ayant entraîné la mort" ou la maladie pour la plupart des personnes vivant aux abords de l’usine.
En fait, il apparaîtrait qu’Union Carbide ait caché son étude au public, car celle-ci montrait déjà en 1989 que l'eau utilisée par la communauté locale était mortellement infectée.
D’autres documents confidentiels révèlent qu’après la catastrophe de 1984, Union Carbide aurait décidé de se débarrasser de son usine (et de ses terrains encore contaminés) en essayant de s’en décharger sur le dos du gouvernement. La société a par ailleurs réalisé des travaux d'assainissement qui se sont révélés plus cosmétiques que sanitaire, étant donné que ceux-ci n’ont eu aucun effet sur la diminution du risque de contamination (Pour plus d’information consultez la section : des produits chimiques toxiques laissés à l’abandon et qui continuent à tuer).
Le plan d'élimination des déchets toxiques prévoyait également de brûler ceux-ci dans l'usine (et donc d’envoyer la fumée toxique sur les communautés locales). Cette stratégie illustre bien le fait qu’Union Carbide était disposé à imposer encore plus de risques d’empoisonnement à la communautés qu’elle avait déjà décimée une première fois en 1984.
En 1997, une étude réaliser par Arthur D. Little et commandée par Union Carbide informait ces dernier que la pollution de la nappe phréatique (qui alimente les puits d'eau potable) pourrait se dérouler à un rythme beaucoup plus rapide qu'on ne l'imaginait. Dans le pire des cas, l'aquifère pourrait être entièrement contaminé en l’espace de deux ans.
Union Carbide a malgré tout toujours gardé le silence et n'a jamais prévenu les gens des risques qu’ils encouraient en consommant l’eau des puits. Ce n'est qu'en 1999 (dix ans après la première enquête réalisée par Carbide) qu'un rapport de Greenpeace a révélé toute l'ampleur de l'intoxication, à savoir la contamination sévère du site de l'usine, des terres avoisinantes et des eaux souterraines. La concentration de mercure dans certains endroits était 6.000.000 fois plus élevé que le niveau normal et cette enquête montre également que les puits d'eau potable situés à proximité de l'usine, et utilisés quotidiennement par les populations locales, ont été fortement pollués par des produits chimiques connus pour provoquer des cancers et de malformations génétiques.
Plus récemment, une étude réalisée en 2002 par la mission d'enquête sur Bhopal a trouvé des traces de plomb, de mercure et d'organochlorés dans le lait maternel des mères qui allaitent.
"Carbide n'a jamais manifesté aucun intérêt sur l'état de ses victimes", nous explique Sunil Kumar, qui a perdu toute sa famille au cours de la fuite de gaz de 1984. «Nous l’avons toujours su. Maintenant, il semble qu'ils savent que leur usine empoisonne toute une nouvelle génération, et ils ne font rien pour l'arrêter. Les gens sont malades dans les communautés. Les bébés sont malades. Il y a beaucoup de naissances déformées. C'est comme si ils nous haïssaient vraiment. Comme si ils essayaient de nous punir d’avoir protesté quand ils nous ont gazés et tué nos familles. Quel genre de personnes sont-ils pour faire cela? "
Les organisations de survivants soulignent la nécessité d'apporter une évaluation, un suivi médical et des traitements appropriés aux personnes touchées par la contamination, mais réclament également une indemnisation pour tous ceux dont la santé et les moyens de subsistance ont été endommagés par cette seconde attaque d’Union Carbide sur leur vie.
FermeUnion Carbide’s US managers were aware of the danger of groundwater pollution from their factory in Bhopal. According to the leader of one of the survivors’ organisations, Rashida Bi, ‘As early as 1972, they had discussed various proposals to stop it happening – but they ignored all of them. Instead, knowing the dangers, they okayed the dumping thousands of tons of solid and liquid chemical wastes in and outside the factory. They knew it would poison our water and our daily lives and they did it anyway.’
Suspicions that chemicals were leaking from the factory began in 1980 when cattle in fields nearby began dying. Carbide denied responsibility but paid compensation to the animals’ owners. After the gas leak of December 1984, the factory was closed, never to reopen, but the corporation made no move to remove the huge stocks of lethal pesticides .
In 1989, increasing criticism from local community leaders, activists and the Bhopal media, all of whom by now believed that the factory was causing illness, led Union Carbide to conduct a secret investigation. The company found that soil and water within the site were massively contaminated.

Secret Carbide document, never meant for public release
(obtained via ‘discovery’ in a US legal action relating to the poisoning)
Samples taken close to the factory wall caused 100% toxicity in fish. On the other side of the wall was the community of Atal Ayub Nagar, but Carbide chose to keep its findings secret. It never warned local people that their drinking supplies might be poisoned.
Union Carbide hid its study from public view, because it showed that by 1989 the local water was already deadly.
Other confidential documents obtained via ‘discovery’ reveal that after the 1984 disaster, Union Carbide had decided to be rid of the factory and wanted to offload it onto the state government with the land still contaminated, in violation of the original lease. The company carried out some cosmetic remediation work which did nothing to diminish the danger of contamination. Plans to dispose of toxic wastes by burning them in the factory (thus sending toxic smoke drifting over local communities) show that Union Carbide was willing to impose even more risks on the same communities its factory had decimated in 1984.
A 1997 study commissioned by Carbide from Arthur D. Little warned that pollution of the underground aquifer (which feeds drinking water wells) could be happening at a rate far faster than imagined. In a worst case scenario, it could take as little as two years to contaminate the aquifer.
Still Union Carbide kept silent and did not warn people. It was not until 1999 – a full ten years after Carbide’s own investigation – that a Greenpeace report revealed the full extent of the poisoning, discovering severe contamination of the factory site, surrounding land and groundwater. Levels of mercury in some places were 6,000,000 times higher than background level. Drinking water wells near the factory used by local people were heavily polluted with chemicals known to produce cancers and genetic defects.
A 2002 study by the Fact-Finding Mission on Bhopal found lead, mercury and organochlorines in the breastmilk of nursing mothers.
“Carbide has never shown any interest in the condition of its victims,” said Sunil Kumar, who lost his entire family during the original gas leak. “We’ve always known that. Now it seems they know that their factory is poisoning a whole new generation – and they are doing nothing to stop it. People are ill in the communities. Babies are sick. There are many deformed births. It’s as if they really hate us. As if they are trying to punish us for protesting when they gassed us before and killed our families. What kind of people are they to do this?”
Survivors’ organisations highlight the need for medical assessment, monitoring and treatment of those affected by the contamination, and due compensation for those whose health and livelihoods have been damaged by this second attack by Union Carbide on their lives.





