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What Happened?

française

Que C'est-il Passée?

Dans la nuit du 2 au 3 Décembre 1984, l'usine d'Union Carbide de Bhopal, en Inde, a laissé échapper 27 tonnes de methyl isocyanate, un gaz mortel. Aucun des six systèmes de sécurité conçu pour contenir une telle fuite n’était alors opérationnel, ce qui permit au gaz de se répandre dans la ville endormie de Bhopal en toute discrétion. Un demi million de personnes ont été exposées au gaz et 25.000 sont mortes à ce jour en raison de cette exposition. Plus de 120.000 personnes souffrent encore aujourd'hui des maux causés par l'accident et par la pollution qui provient de l'usine désaffecte.

Ces maladies comprennent entre autres la cécité, d’extrêmes difficultés respiratoires et des troubles gynécologiques. Le site n'a jamais été correctement nettoyé et continue dès lors d'empoisonner les habitants de Bhopal. En 1999, des tests effectues sur les eaux souterraines locales et sur l'eau des puits situés à proximité du site de l'accident ont révélé des niveaux de mercure entre 20.000 et 6 millions de fois supérieurs à la normal.

Des produits chimiques causant des cancers, des lésions cérébrales et des anomalies congénitales ont été retrouvés dans l'eau. On y relève, entre autres, la présence de trichloroéthylène, une substance chimique dont il a été prouvé qu’elle compromettait le développement des foetus, et qui a été retrouvée à des niveaux 50 fois plus élevés que ce qu’autorise les limites de sécurité imposées par l'Agence de Protection de l’Environnement. Un test publié dans un rapport de 2002 a révélé la présence de poisons tels que le trichlorobenzène 1, 3 et 5, le dichlorométhane, le chloroforme, le plomb et le mercure dans le lait maternel des femmes qui allaitait.

En 2001, la société de produit chimique Dow Chemical - basée au Michigan - a racheté l'entreprise Union Carbide, acquérant par la même ses actifs et passifs. Cependant, Dow Chemical a toujours refusé de nettoyer le site, de fournir de l'eau potable, d'indemniser les victimes ou de divulguer la composition chimique exacte de la fuite de gaz - alors même que cette information pourraient être utiles aux médecins qui tentent de fournir un traitement efficace aux victimes.

L'agonie de Bhopal

Nul ne saura jamais exactement combien de milliers de personnes sont mortes cette nuit-là. Carbide avance le chiffre de 3.800 victimes. Les travailleurs municipaux, qui ont ramassé les corps de leurs propres mains et qui les ont chargés sur des camions afin de les enterrer dans des fosses communes ou de les brûler sur des bûchers de masse, estiment quant à eux qu'ils auraient déplacé au moins 15.000 corps. Les survivants, en se basant sur les estimations du nombre de linceuls vendus dans la ville, font état d’environ 8.000 morts dans la première semaine. Malgré tout, force est de constater que de tels décomptes n’ont eu que peu de sens, quand on sait que le nombre de victimes n'a jamais cessé d’augmenter depuis.

L'usine d’Union Carbide de Bhopal fut en effet un fiasco presque dès ses débuts. L'entreprise a construit cette usine de pesticides dans les années 1970 en pensant que l'Inde représentait un marché énorme et inexploité pour ses produits de lutte antiparasitaire. Toutefois, les ventes n'ont jamais répondu aux attentes de la société; car les agriculteurs indiens, aux prises avec des sécheresses et des inondations, n'avaient pas l'argent pour acheter les pesticides d'Union Carbide. L'usine, qui n'a jamais atteint sa capacité maximal de production, s'est alors avérée être un gouffre financier et a dès lors fini par cesser temporairement toute activité de production le 26 octobre 1984.

Malgré la décision prise de stopper les activités de production, de grandes quantités de produits chimiques dangereux sont restées sur place et trois grands réservoirs ont ainsi continué de détenir plus de 60 tonnes d'isocyanate de méthyle (MIC). Bien que le MIC soit un gaz particulièrement réactif et mortel, le système de sécurité de l'usine d'Union Carbide fut également mis en veille. « Tablant sur la douceur de l’hiver indien, on arrêta le système de réfrigération des cuves. De plus, des opérations de maintenance étant lancées, les éléments de la tour de neutralisation furent démontés et la torchère éteinte. Enfin, le moniteur destiné à signaler toute fuite de liquide ou de gaz fut enlevé, pour une raison mal identifiée »[1].

UC Plant Diagram

Le manque de personnelles qualifié sur le terrain (en raison de la politique de réduction des coûts voulue par l’entreprise), et donc l’entretien régulier a mené à ce que, dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, un banal nettoyage des canalisations prévu par le programme de maintenance permit à l'eau de s’introduire dans le réservoir qui contenait le plus de MIC. Il s’en suivit alors une réaction chimique incontrôlée qui eut finalement pour effet de propulser la citerne hors de son sarcophage de béton.

De plus, les problèmes liés aux variables techniques et organisationnelles permirent à un  nuage mortel composé de MIC, de cyanure d'hydrogène, de mono-méthylamine et d’autres produits chimiques de s’échapper hors de l’usine. Soufflée par les vents dominants, cette brume toxique se rependit alors sur une grande partie de la ville (voir la figure 2, ci-dessous) et peu de temps après, les gens commençaient à mourir.

 

Bhopal

Aziza Sultan, une survivante, nous explique: «Vers minuit et demi, je me suis fait réveiller par le bruit provenant de mon bébé qui toussait de manière anormale. Dans la pénombre, j'ai vu que la salle était remplie d'une nuée blanche. J'ai entendu beaucoup de gens qui criait. Ils criaient "cours, cours". Ensuite, j'ai commencé à tousser, et à chaque respiration j’avais l’impression de respirer dans un feu. Mes yeux brûlaient".

Un autre survivant, Champa Devi Shukla, se souvient; «C'était comme si quelqu'un avait rempli notre corps avec des piments rouges, nos yeux débordaient de larmes, mon nez ne cessait de couler, nous avions l’écume au bord des lèvres. La toux était si mauvaise que les gens se tordaient de douleur. Certaines personnes se levaient et couraient peut importe ce qu'ils portaient sur eux, et même s’ils ne portaient rien du tout. Certains fuyaient par là-bas, d’autres couraient par ici, et certaines personnes étaient en train de courir dans leurs sous-vêtements. Les gens étaient seulement intéressés par la façon dont ils pourraient sauver leurs vies et donc, ils ont juste couru.

Ceux qui tombaient ne trouvaient personne pour les rattraper, ils tombaient juste par terre, et étaient piétinés par les autres personnes. Les gens grimpaient et se ruait les uns sur les autres pour sauver leur vie - même les vaches étaient en train de courir pour essayer de sauver leur vie en écrasant les gens dans leurs course".

Dans ces moments d’apocalypse, personne ne savait ce qui était réellement en train de se passer. Les gens ont simplement commencé à mourir dans les conditions les plus atroces. Certains vomissait de manière incontrôlée, entraient en convulsions et tombaient raides morts. D'autres, étranglés à mort, se noyant dans leur propre fluides corporels. La force de cette marée humaine arrachait les mains des enfants de l'emprise de celles de leurs parents, et les familles furent ainsi séparées.

"Le nuage toxique était si dense et si brûlant, que les gens en ont été réduits à ne plus savoir voir ce qui se passait juste devant eux. Comme ils haletaient, les effets du gaz devenaient de plus en plus étouffants. Les gaz brûlaient leurs yeux, les tissus de leurs poumons et s’attaquaient à leur système nerveux. Les gens ont ainsi progressivement perdu le contrôle de leur corps. L'urine et leurs fèces coulaient le long de leurs jambes. Les femmes perdirent leurs enfants à naître alors qu’elles étaient en train de courir pour sauver leur vie. Leurs ventres s’ouvrant spontanément dans un avortement sanglant".

Quand l'aube se leva sur la ville, le soleil fit apparaître les milliers de cadavres qui gisaient chaotiquement dans les rues. Même loin de l'usine, près du lac à Rani Hira Pati Mahal ka, le sol était recouvert d’une si épaisse couche de corps sans vie, qu’il était impossible de circuler sans piétiner ceux-ci. L'armée déversa des centaines de corps dans les forêts environnantes et la rivière de Betwa fut tellement mise à contribution, que de nombreux corps s'amassèrent contre les arches et des ponts formant ainsi de funestes barrages. Des familles et des communautés entières ont été décimées, ne laissant personne pour les identifier.

Selon Rashida Bi, un survivant qui a perdu cinq membres de sa famille à cause du cancer provoqué par les gaz, ceux qui échappèrent à la mort "sont les malchanceux. Les plus chanceux sont ceux qui sont morts cette nuit-là".

Il est vrai qu'au cours des 26 années qui se sont écoulées depuis la catastrophe, les survivants ont été en proie à une épidémie de cancers, à des troubles menstruels et à ce que les médecins qualifient de «naissances monstrueuses » (Pour plus d’information consultez la section: Un second désastre toujours d'actualité ).

Les Enjeux Juridiques

Ce n'est qu'en 1989 que Union Carbide, suite à un accord partiel avec le gouvernement indien, a accepté de verser quelques 470 millions de dollars de compensation. Les victimes n'ont cependant pas été directement consultées – en raison du Bhopal Gas Leak Disaster (Processing of claims) Act, 1985 - dans les pourparlers, et beaucoup se sont senti trahis par la valeur de leur dédommagement (300 $ - 500 $ ; soit la valeur de cinq ans de frais médicaux).

Aujourd'hui, ceux qui ont obtenu une indemnisation ne sont donc guère mieux lotis que ceux qui n'en n’on pas eu.

Du point de vue d’Amnesty International, la loi de 1985 (qui a forcé les victimes à accepter que le gouvernement assure leurs défense) et la validation du jugement de 1989 par la cour suprême, illustre bien comment une action lancée par l’exécutif, et soit disant destinée a surpasser la complexité du système judiciaire, a eu en fait pour conséquence d’assurer l’impunité d’une entreprise qui était pourtant coupable du meurtre de millions de personnes. La complexité du système juridique a donc, dans un sens, servi à dénier le droit des victimes à avoir accès à la justice, et a également envoyé un signal fort aux multinationales afin de préserver un climat d’investissement favorable.

Le règlement de 1989 a également eu d’insidieuses répercutions juridiques, car cette décision a annulé la procédure criminelle lancée à l’encontre de tous ceux qui furent accusés par le premier rapport d’information écrit cette nuit la par « the Station House Office at Hanuman Ganj police station »[1]. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que ce jugement à conduit UCC et UCIL à devoir payer 470 million de dollars de compensation à l’état indien et non pas comme une amende, une sanction où des dommages-interets punitifs. Cette décision impliqua donc la suspension de toute poursuite pénale et civile à l’encontre de l’entreprise, ce qui ne manqua pas de déclencher une vaste campagne de protestation.

En 1991, et suite aux pressions exercées par la population, le gouvernement local de l’état du Madhya Pradesh à Bhopal a finalement décidé d’inculper Warren Anderson, PDG de Union Carbide au moment de la catastrophe, d'homicide involontaire. Il risque un maximum de dix ans de prison. Toutefois, M. Anderson n'a jamais subi de procès devant un tribunal indien. Il a, en revanche, éludé un mandat d'arrêt international et une citation à comparaître devant un tribunal américain.

Pendant des années, le lieu de résidence de M. Anderson était inconnu, et ce n'est qu'en août 2002 que Greenpeace l’a retrouvé, vivant une vie de luxe dans les Hamptons (USA). Mais ni les Américains, ni le gouvernement indien, ne semble pourtant vouloir le déranger avec un mandat d’extradition. Cela est regrettable, car les décisions de Mr. Anderson n'ont pas seulement effacé les régimes de retraite, elles ont également tué des individus.

L'Union Carbide Corporation elle-même a finalement été accusée d'homicide volontaire, une infraction pénale dont la peine n'est pas plafonne. Ces accusations n'ont cependant jamais été suivies de sanction, car à l'instar de son ancien PDG, Union Carbide a refusé de comparaître devant un tribunal indien.

Enfin, plus de vingt-cinq ans après la catastrophe, huit anciens dirigeants locaux de l'usine ont été condamnés le 7 juin 2010 à deux ans de prison et à 100 000 roupies d'amende (1 756 euros). Ils ont été reconnus coupables de "mort par négligence".

 

Au-delà du bilan sanitaire, Union Carbide demeure également responsable de la dévastation de l'environnement que ses activités ont causée. Les dommages liés à l'environnement n'ont jamais été abordés dans le règlement de 1989, alors que la contamination qu’Union Carbide a laissé derrière elle continue de se propager. Ces éléments laissés au passif de l’ancienne société sont pourtant devenus la propriété de l’entreprise Dow, à la suite de l’acquisition d’Union Carbide par ce dernier en 2001. L'opération a été conclue au grand dam d'un certain nombre d'actionnaires de Dow, qui ont dès lors intenté un procès dans une tentative désespérée pour arrêter cette transaction. Ces actionnaires étaient en effet conscients du fait que la société doive assume à la fois l'actif et le passif de l’entreprise qu'elle rachetait, et ce, conformément à la loi. Peu de temps après cette fusion acquisition, Dow a par exemple dû s’acquitter d’une ancienne créance d’un montant de 2,2 milliards de dollars afin de dédommager les anciens travailleurs de l’usine d’amiante d’Union Carbide au Texas. Cependant Dow a constamment et rigoureusement maintenu qu'il n'était pas responsable de l'accident de Bhopal, ce qui tend d’ailleurs à illustrer l’existence d’un « double standard » entre la vie d’un travailleur indien et celle d’un ouvrier américain.

Ainsi, les victimes de Bhopal ont été laissées en plan, condamnées à se débrouiller par elles-mêmes alors que les cadres d'entreprises échappaient à la justice et que les grandes entreprises échappaient à la faute. Le refus de Dow de s'acquitter de ses obligations juridiques et morales à Bhopal ne représente que le dernier chapitre de cette horrible  catastrophe humanitaire. Depuis 26 ans, les victimes de Bhopal continuent à réclamer la justice, et la principale question que cela pose est : allons-nous enfin les écouter?

Rédigé par Ben Duboc (volontaire à la Sambhavna Trust, janvier 2011).


[1] MUKHERJEE, Suroopa, “Surviving Bhopal. Dancing Bodies, Written Texts, and Oral Testimonials of Women in the Wake of an Industrial Disaster”, Palgrave Macmillan, New-York, 2010, p.62.

[2] Le monde diplomatique (journal), « Bhopal : huit personnes jugées coupables en Inde », France, 07.06.10.


[1] Ibidem.

Ferme

On the night of December 2nd, 1984, a Union Carbide plant in Bhopal, India, began leaking 27 tons of the deadly gas methyl isocyanate. None of the six safety systems designed to contain such a leak were operational, allowing the gas to spread throughout the city of Bhopal [1]. Half a million people were exposed to the gas and 25,000 have died to date as a result of their exposure. More than 120,000 people still suffer from ailments caused by the accident and the subsequent pollution at the plant site.

These ailments include blindness, extreme difficulty in breathing and gynaecological disorders. The site has never been properly cleaned up and it continues to poison the residents of Bhopal. In 1999, local groundwater and well-water testing near the site of the accident revealed mercury at levels between 20,000 and 6 million times those expected. Cancer, brain-damage and birth-defect-causing chemicals were found in the water; trichloroethene, a chemical that has been shown to impair foetal development, was found at levels 50 times higher than EPA safety limits [2].Testing published in a 2002 report revealed poisons such as 1,3,5 trichlorobenzene, dichloromethane, chloroform, lead and mercury in the breast milk of nursing women [3]. In 2001, Michigan-based chemical corporation Dow Chemical purchased Union Carbide, thereby acquiring its assets and liabilities. However Dow Chemical has steadfastly refused to clean up the site, provide safe drinking water, compensate the victims or disclose the composition of the gas leak, information that doctors could use to properly treat the victims.

The Agony of Bhopal

No one will ever know exactly how many thousands died that night. Carbide says 3,800. Municipal workers who picked up bodies with their own hands, loading them onto trucks for burial in mass graves or to be burned on mass pyres, reckon they shifted at least 15,000 bodies. Survivors, basing their estimates on the number of shrouds sold in the city, conservatively claim about 8000 died in the first week. Such body counts become meaningless when you know that the dying has never stopped.

The Union Carbide factory in Bhopal was doomed almost from the start. The company built the pesticide factory there in the 1970s, thinking that India represented a huge untapped market for its pest control products. However sales never met the company’s expectations; Indian farmers, struggling to cope with droughts and floods, didn’t have the money to buy Union Carbide’s pesticides. The plant, which never reached its full capacity, proved to be a losing venture and ceased active production in the early 1980s.

However, vast quantities of dangerous chemicals remained; three tanks continued to hold over 60 tons of methyl isocyanate, or MIC for short. Although MIC is a particularly reactive and deadly gas, the Union Carbide plant’s elaborate safety system was allowed to fall into disrepair. The management’s reasoning seemed to be that since the plant had ceased all production, no threat remained. Every safety system that had been installed to prevent a leak of MIC – at least six in all – ultimately proved inoperative (see Figure 1, below).

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Regular maintenance had fallen into such disrepair that on the night of December 2nd that when an employee was flushing a corroded pipe, multiple stopcocks failed and allowed water to flow freely into the largest tank of MIC. Exposure to this water soon led to an uncontrolled reaction; the tank was blown out of its concrete sarcophagus and spewed a deadly cloud of MIC, hydrogen cyanide, mono methylamine and other chemicals that hugged the ground. Blown by the prevailing winds, this cloud settled over much of Bhopal (see Figure 2, below). Soon after, people began to die.

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Remembers Aziza Sultan, a survivor: “At about 12.30 am I woke to the sound of my baby coughing badly. In the half light I saw that the room was filled with a white cloud. I heard a lot of people shouting. They were shouting ‘run, run’. Then I started coughing, with each breath seeming as if I was breathing in fire. My eyes were burning.”

Another survivor, Champa Devi Shukla, remembers that, “It felt like somebody had filled our bodies up with red chillies, our eyes had tears coming out, noses were watering, we had froth in our mouths. The coughing was so bad that people were writhing in pain. Some people just got up and ran in whatever they were wearing or even if they were wearing nothing at all. Somebody was running this way and somebody was running that way, some people were just running in their underclothes. People were only concerned as to how they would save their lives so they just ran.

“Those who fell were not picked up by anybody, they just kept falling, and were trampled on by other people. People climbed and scrambled over each other to save their lives – even cows were running and trying to save their lives and crushing people as they ran.”

In those apocalyptic moments no one knew what was happening. People simply started dying in the most hideous ways. Some vomited uncontrollably, went into convulsions and fell dead. Others choked to death, drowning in their own body fluids. Many died in the stampedes through narrow gullies where street lamps burned a dim brown through clouds of gas. The force of the human torrent wrenched children’s hands from their parents’ grasp. Families were whirled apart.

“The poison cloud was so dense and searing that people were reduced to near blindness. As they gasped for breath its effects grew ever more suffocating. The gases burned the tissues of their eyes and lungs and attacked their nervous systems. People lost control of their bodies. Urine and faeces ran down their legs. Women lost their unborn children as they ran, their wombs spontaneously opening in bloody abortion.”

According to Rashida Bi, a survivor who has lost five gas-exposed family members to cancers, those who escaped with their lives “are the unlucky ones; the lucky ones are those who died on that night.”

In the 28 years since the disaster, survivors have been plagued with an epidemic of cancers, menstrual disorders and what one doctor described as ‘monstrous births.’

Medical Issues

The gas-affected people of Bhopal continue to succumb to injuries sustained during the disaster, dying at the rate of one each day (2010). Treatment protocols are hampered by the company’s continuing refusal to share information it holds on the toxic effects of MIC. Both Union Carbide and its owner Dow Chemical claim the data is a ‘trade secret,’ frustrating the efforts of doctors to treat gas-affected victims. The site itself has never been cleaned up, and a new generation is being poisoned by the chemicals that Union Carbide left behind.

In December 1999, Greenpeace reported that soil and water in and around the plant were contaminated by organochlorines and heavy metals. A February 2002 study found mercury, lead and organochlorines in the breastmilk of women living near the plant. The children of gas-affected women are subject to a frightening array of debilitating illnesses, including retardation, gruesome birth defects and reproductive disorders.

Legal Issues

It wasn’t until 1989 that Union Carbide, in a partial settlement with the Indian government, agreed to pay out some $470 million in compensation. The victims weren’t consulted in the settlement discussions, and many felt cheated by their compensation – $300-$500 – or about five years’ worth of medical expenses. Today, those who were awarded compensation are hardly better off than those who weren’t.

Victims of the gas attack eke out a perilous existence; 50,000 Bhopalis can’t work due to their injuries and some can’t even muster the strength to move. The lucky survivors have relatives to look after them; many survivors have no family left. Everyone has perished.

In 1991, the local government in Bhopal charged Warren Anderson, Union Carbide’s CEO at the time of the disaster, with manslaughter. If tried in India and convicted, he faces a maximum of ten years in prison. However Mr. Anderson has never stood trial before an Indian court; he has, instead, evaded an international arrest warrant and a summons to appear before a US court. For years Mr Anderson’s whereabouts were unknown, and it wasn’t until August of 2002 that Greenpeace found him, living a life of luxury in the Hamptons. Neither the American nor the Indian government seem interested in disturbing him with an extradition, despite so many scandals over corporate crime. This is unfortunate: Mr Anderson’s decisions didn’t just wipe out retirement plans, they killed people.

The Union Carbide Corporation itself was charged with culpable homicide, a criminal charge whose penalty has no upper limit. These charges have never been resolved, as Union Carbide, like its former CEO, has refused to appear before an Indian court.

Union Carbide also remains liable for the environmental devastation its operations have caused. Environmental damages were never addressed in the 1989 settlement, and the contamination that Union Carbide left behind continues to spread. These liabilities became the property of the Dow Corporation, following its 2001 purchase of Union Carbide. The deal was completed much to the chagrin of a number of Dow stockholders, who filed suit in a desperate attempt to stop it. These stockholders were surely aware that a corporation assumes both the assets and the liabilities of any company it purchases, according to established corporate law. Indeed, Dow was quick to pay off an outstanding claim against Union Carbide soon after it acquired the company, setting aside $2.2 billion to pay off former Union Carbide asbestos workers in Texas. However Dow has consistently and stringently maintained that it isn’t liable for the Bhopal accident.

Thus the victims in Bhopal have been left in the lurch, told to fend for themselves as corporate executives elude justice and big corporations elude the blame. Dow’s unwillingness to fulfill its legal and moral obligations in Bhopal represents only the latest chapter in this horrifying humanitarian disaster. For 28 years, the victims of Bhopal have continued to demand justice; the only question is: will we listen?

[1] Five Past Midnight in Bhopal. Dominique Lapierre & Javier Moro. (Warner Books, 2002).

[2] Factsheet: A New Generation of Monstrous Births.

[3] Toxic Present Toxic Future. A report published in January 2002 by the Fact-Finding Mission on Bhopal (FFMB).